Edito
Peugeot BB1 Concept : un bon siècle de retard !
Par Jean-Michel Cravy
Salon de Francfort : la croisière s'amuse !
La « bébé » Peugeot, version 21e siècle, se présente comme une espèce de Smart offrant quatre places dans un gabarit contenu (2,50 m), animée par deux moteurs électriques insérés dans ses roues arrière. Comme un prototype imaginé par un certain Ferdinand Porsche. C’était à la fin du… 19e siècle ! Sauf que lui avait mis un moteur électrique dans toutes les roues. Ce qui en faisait, accessoirement, une transmission intégrale avant l’heure…
Dans tout salon, il y a les voitures qui vont sortir « la semaine prochaine », ceux qui, promesse d’avenir à court terme, sortiront
« l’année prochaine ». Et puis ceux qui, poudre aux yeux,
« ne sortiront jamais ».
La Peugeot BB1, et surtout la Renault Twizy sont de celles-là.
Pendant que certains travaillent, d’autres s’amusent. On plutôt amusent la galerie.
L’heure est à l’écologie et aux solutions alternatives au tout pétrole, tout le monde sait ça. Certains constructeurs travaillent à offrir des réponses raisonnables, en termes de faisabilité. Des réponses qui peuvent être mises sur la route « là, maintenant, tout de suite ». Pas quand les poules auront des dents.
Et la seule qui soit réellement réaliste, c’est la solution hybride :
un moteur thermique secondé par un système électrique.
D’aucuns ont déjà pris quelques sérieuses longueurs d’avance (Toyota/Lexus, et maintenant Honda). D’autres entrent aujourd’hui dans la danse (Mercedes, BMW…). D’autres encore, comme Peugeot, s’y préparent en se démarquant (hybride diesel/électrique, alors que tous ont jusqu’ici privilégié l’attelage essence/électrique).
Et puis ceux qui par manque de lucidité ont pris plusieurs trains de retard, et tentent de faire le spectacle en amenant les projecteurs à eux, en donnant des leçons (faciles et gratuites !) d’inventivité et de
« citoyenneté » au reste de la planète automobile.
C’est le cas du patron de Renault, Carlos Ghosn, qui nous a fait, à Francfort, un show pitoyable, à grands renforts de concept-cars aussi improbables que ridicules. Avec, il faut en convenir, un certain succès médiatique auprès des médias non spécialisés et du grand public. Poudre aux yeux !
Car il faut le redire avec force : la solution tout électrique, à ce jour, est parfaitement inenvisageable et inexploitable pour des autos d’usage « courant », si l’on peut dire ! Passe encore pour des
« voiturettes » à vocation strictement urbaine, comme le concept Peugeot BB1, qui au moins a le mérite de ne pas se prendre pour
ce qu’elle n’est pas.
Redire, encore et encore, qu’une voiture multi-usages (ville, route, autoroute), telle que l’immense majorité des automobilistes la conçoit, mue par une solution purement électrique, ça n’est pas pour demain. Ni après-demain ! On pourra dire : hélas, peut-être.
Il y a bien loin de la coupe aux lèvres, quoi qu’on en veuille…
En attendant, on peut trouver sympathique la Peugeot BB1 Concept (qui se veut « raisonnablement idéaliste », c’est-à-dire consciente de ses limites).
Et dérisoire la Renault Twizy et ses sœurs en prospective aussi improbable qu’irréaliste.
La seule question qui vaille est : quand verrons-nous une Renault hybride ? Et combien de temps faudra t-il à l’ex constructeur national pour rattraper son retard sur Peugeot… et sur tous les autres ?
J.-M. C.
Trève d’ironie. La BB1 reçoit donc deux « moteurs-roues » (fournis par Michelin), délivrant chacun une petite dizaine de chevaux (14 à pleine charge, à la condition de ne pas insister trop longtemps !). De quoi espérer des accélérations de l’ordre de 4 longues secondes pour passer de 30 à 60 km/h. Ne parlons pas de vitesse de pointe (120 km/h, au risque de tomber rapidement en panne… de courant).
Renault Twizy Z.E. Concept : moins bien qu'un scooter, moins bien qu'une voiturette !
Taille lilliputienne (2,30 m de long), deux places en tandem : la Renault Twizy est l’exact opposé du gros 4x4, désormais déclaré « personna non grata » dans nos belles cités. Ça tombe bien parce que le Renault Koleos ne se vend guère… Voilà la solution proposée par Renault pour régler les problèmes de circulation. Sauf qu’avec ses 1,30 m de long, Twizy reste bien moins efficace qu’un bon scooter. Vous savez ? Un scooter…
Par la grâce du nouveau président Akio Toyoda, amateur de voitures sportives devant l’Eternel, ce projet a été ressorti du tiroir dans lequel il était enfoui depuis les débuts de la crise qui a frappé les constructeurs japonais en 2008.
Ainsi, au dernier Salon de Tokyo, Toyota a présenté un « concept car » si achevé qu’il semble bien être à même de prendre la route dès demain matin. La « 86 » (Hachiroku en japonais, allusion à la AE86, un fameux coupé Corolla des années 80/90), n’est pas une banale traction avant à moteur électrique, tellement dans l’air du temps, mais bien un petit coupé 2+2 râblé (4,16 mètres de long), une pure propulsion à moteur essence.
Le moteur, justement, est un boxer 2 litres provenant en droite ligne de l’Impreza de chez… Subaru, lequel constructeur s’est d’ailleurs occupé de l’essentiel de la conception de cette… Toyobaru. On nous annonce une puissance assez modeste (150 chevaux), mais rien n’empêche de tirer plus de cette mécanique atmosphérique. Et Subaru a déjà atteint les 300 chevaux en version suralimentée.
Si les lignes de la FT-86 ne sont pas bouleversifiantes, assez convenues même, un coup d’œil sur son habitacle, particulièrement dépouillé, et orné d’une planche de bord minimale à l’instrumentation digitale dans laquelle on croit deviner le tracé d’un circuit (pour faire un temps ?), laisse augurer d’un souci d’allégement qui devrait profiter au plaisir pur de conduite.
Toyota concept FT-86
Une sportive light !
Twizy, comme il se doit pour une Renault « politiquement correcte » est intégralement électrique, avec un moteur de 20 ch alimenté par des batteries lithium-ion, comme votre téléphone portable. Sauf que le téléphone portable en question pèse gaillardement ses 450 kilos, batteries comprises. Un peu lourd pour un scooter biplace, non ?
Les performances ? 75 km/h en vitesse de pointe, et si on n’en abuse pas, on peut espérer une autonomie maximum de 100 km au terme d'une longue agonie, avant recharge sur une prise de courant en 3 heures 30.
Soit un concept "ultra-moderne" largement moins efficace qu’une voiturette Ligier
sans permis d’aujourd’hui…
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