Les yeux, pour admirer qui les « petites vieilles » de près de 90 ans et néanmoins vaillantes comme au premier jour (Bentley 4,5 l, Aston, Talbot, Delahaye, Lagonda, Bugatti…), ou un peu plus jeunes, comme les Jaguar C et D, Cooper, Lotus du plateau 1946/1956. Ou encore celles du plateau 57/61, les Lister Jaguar, Maserati 250 S, Aston Martin DBR1, Ferrari (Dino 246 SP, 246 S, 625 TR), Lotus XI…
Mais les plus attendues, sans doute, étaient les voitures des années 60 et 70, l’âge d’or des 24 Heures du Mans, les Ford GT40 et autres AC Cobra, Porsche de tous types (904, 906, 908/3, 910, 917, 935 « Moby Dick », la 936 « ex Jacky Ickx » une nouvelle fois gagnante au classement général), Ferrari (250 LM, 330 TRI, 275 P, 512S et M, des BB LM, une sublime P3, sans oublier la si gracieuse 206 S), les monstrueuses Bizzarini, les Chevrolet Corvette, les Alpine (M 63, M65, A210, A220), une flopée de Lola (T 280, T290 et 296, T70) et de Chevron, une très véloce Ligier JS3, une belle Mirage Gulf… Sans oublier l’Inaltera de 1976 pilotée par Monsieur Henri Pescarolo lui-même !
Et les oreilles pour écouter la différence entre les bruits rageurs des moteurs des unes et des autres, le « dum/dum » des grosses gamelles à l’américaine, la sonorité rauque des flat-six à l’allemande, le hurlement soyeux à l’italienne, composant une symphonie mécanique dont on ne peux se lasser…
Le Mans Classic
La fête fut belle !
Placer doucement son nez léger à la corde, laisser glisser doucement l’arrière qui ne demande que ça. Par atavisme. Bien entendu, il faut expressément éviter de trop la freiner et surtout ne pas violenter la suspension afin de ne pas détruite le fragile équilibre de son carrossage versatile. Comme par miracle, pendant que ce mouvement pendulaire cesse, avec l’aide plus ou moins subtile de l’accélérateur et évidemment de la direction, la voiture se remet en ligne. Ce miracle automobile se produit dans tous les virages à condition d’avoir la foi, de bien connaître sa religion et de la pratiquer le plus souvent possible.
Saynète en Berlinette
Incroyablement menue et gracile, la Berlinette bleue enroule les esses avec une allégresse qui réjouit le conducteur du troisième millénaire, étonné que cette voiture vieille de plus de 35 ans marche aussi fort, même si ses rides se perçoivent au niveau de détails comme le freinage ou la commande de boîte trop lente. Elle semble glisser d’une courbe à l’autre sans effort, sans résistance, sans roulis, sans inertie, sans toucher aux freins à l’allure à laquelle nous l’emmenons. Aller vite, c’est autre chose...
La Berlinette a t-elle une âme ?
La voiture édredon
Pourtant, elle n’était pas très belle, ni bien rapide, plutôt mal équipée, pas mal bruyante, et pas donnée-donnée. Pourtant, elle se vendait bien. Qu’avait-elle de plus que toutes les autres ? Même pas son prix puisque avec le lave-glace et l’antivol…. optionnels, l’Ami 6 de ces années là était plus coûteuse qu’une Renault 8 ou une Simca 1000 dont les 4 cylindres développaient le double de la puissance de son petit 602 cm3 refroidi par air.
Plus 2 CV que DS
Elle avait vu le jour mi-1961 habilement présentée comme une sorte de « petite DS ». En fait, il s’agissait surtout d’une grosse 2CV dont elle reprenait la plate-forme et sa mécanique engraissée à 602 cm3 habillée d’une carrosserie moins disgracieuse. Quoique, c’est vite dit. Comme la 2 CV, l’Ami 6 ne fut jamais considérée comme un premier prix de beauté.
Souvenirs d'avenir : Citroën Ami 6
1971 : sort sur les écrans de cinéma un film sobrement intitulé « Le Mans », de et avec Steve McQueen. Une ode à la plus grande course du monde qui, quarante ans après, n’a presque pas pris une ride.
2011 : après sa projection sur écran géant sur le circuit des 24 Heures, en avant-première de la 79e édition de la oourse, il est maintenant disponible sur DVD ou Blue Ray dans une version restaurée et remastérisée...
Ce film mythique reste encore aujourd’hui comme le meilleur qui ait jamais été
consacré au sport automobile. Un véritable monument d’anthologie par ses prises de vues audacieuses, mélangées à de vraies séquences de course, à l’époque du haut duel entre Porsche et Ferrari, mais aussi par l’histoire chaotique du film lui-même,
émaillée de heurts et de malheurs.
Si en 1961, la vision de ce long obus sur roues ciselé pour la vitesse avait enthousiasmé les visiteurs se pressant autour du stand, ils n’avaient pas été étonnés. La Jag E était en fait la version civilisée de la célèbre D-Type victorieuse des 24 heures du Mans. Ses formes aérodynamiques et fuselées étaient légitimes pour les amateurs de la marque de Coventry. 50 ans plus tard, cette légitimité oubliée n’existe plus. Une Jaguar E, surtout en version cabriolet ne ressemble en rien à ce qui roule ici bas, surtout parmi les GT emblématiques. Le temps semble avoir donné d’autres fonctions à son interminable silhouette fuselée cassée par un pare-brise certes aérien mais trop vertical. Dans le contexte hystéro-répressif actuel, la regarder serait déjà presque un délit. Par ses formes, arrêtée, elle semble déjà en excès de vitesse ! En 1961, au contraire d’aujourd’hui, il était de bon ton de s’extasier devant les 240 km/h annoncés par le constructeur au félin bondissant. Une vitesse surréaliste il y a 50 ans !
Du sexe, du sexe, du sexe !
Souvenirs d'avenir : Jaguar E
Eternelle sensuelle
Dans les années 60, une voiture sportive, c’était du bruit dans les oreilles, du vent dans la nuque, des chocs dans les reins. La Volvo P1800 n’offrait rien de tout cela mais tout ce que les sportives britanniques et italiennes n’avaient pas : du confort, de la sécurité, de l’espace, de classe et une étonnante robustesse.
Anglo-suédoise
Après une tentative ratée de cabriolet, Volvo dévoila finalement début 1960 au salon de Bruxelles, un coupé réalisé sur la base de la berline 122. Dessiné chez l’italien Frua par un styliste suédois indépendant, ce coupé 2+2 offrait une silhouette jugée séduisante ; un long capot, une calandre gourmande, un original jonc chromé latéral jaillissant vers l’avant et une légère amorce d’ailerons barrés de feux horizontaux. Mécaniquement, il était très proche, trop proche peut être de la berline 122 dont il reprenait le soubassement et sensiblement la mécanique
dans sa version la plus puissante.
Le bloc B18 peint en rouge - 4 cylindres de 1800 cm3 alimenté par deux carburateurs - délivrait
tout de même 100 ch SAE (90 Din) ce qui n’était
pas ridicule il y a un demi-siècle.
Le Saint des saints
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"Juste faire hennir les chevaux du plaisir" (Bashung)




