Nous n’allons pas faire un cours d’histoire, mais il nous faut quand même rappeler les faits. Maybach était une marque du début de l’ère automobile qui produisit des voitures de grand luxe jusqu’au début des années 40 et ne survécut pas à la Seconde Guerre mondiale. Elle est malgré tout restée la propriété du groupe Daimler, maison-mère de Mercedes-Benz, lequel ressuscita le label en 2002 pour lancer sur le marché des limousines placées sous le signe de la démesure, dans tous les sens du terme.
Ca n’a pas marché. Les Maybach 57 et 62 (respectivement 5,7 et 6,2 m en longueur) n’ont pas trouvé leur public. Et pourtant, il existe, ce public, des rappeurs américains aux rois du pétrole, sans oublier les milliardaires chinois en voie de prolifération. Pour preuve, les marques automobiles de haut prestige battent des records de vente ces derniers temps, Rolls Royce en tête dans l’univers des limousines. La vénérable marque britannique, détenue par BMW, a doublé ses ventes en 2010, pour atteindre pas moins de 2 000 unités à l’échelle de la planète. Et tout indique que 2011 sera à nouveau un bon cru pour Rolls Royce. Sur la même période, Maybach a été moins chanceuse, dans des proportions qui laissent du coup rêveur.
Maybach, c'est fini !
Les immatrications de voitures neuves ont reculé de près de 21 %, tombant à leur plus bas niveau depuis 14 ans... Et les principales victimes sont les constructeurs français. Sur leur propre marché intérieur !
Certes, le reflux était redouté, du fait de l'arrêt de la prime à la casse, les automobilistes s'étant naturellement dépéchés d'en profiter. Mais pas à ce point. Gare à la sortie de route ! Dès décembre, les commandes avaient plongé, plombant sévèrement les immatriculations de janvier. Et ça ne risque pas de s'arranger avec le nouveau barême du bonus/malus dont nous vous donnons le détail par ailleurs.
Mais face à ce coup de froid, certains s'en sortent plus mal que d'autres. Et ce sont les constructeurs français ! PSA plonge de plus de 27 %. Chez Renault c'est pire encore, avec une chute de 37 %, tandis que a marque low cost fabriquée en Roumanie, Dacia, limite les dégâts à - 10 %. Et la glissade d'Opel (- 45 %) et de Fiat (- 33 %) n'est pas une consolation, parce cette contre-performance des constructeurs français est enregistrée sur leur propre marché domestique. Pendant ce temps là, Volkswagen se porte comme un charme en France (+18 %), de même que BMW (+ 16 %). C'est peu dire que la 208 chez Peugeot et la Clio IV chez Renault sont impatiemment attendues pour tenter de renverser la tendance. Il faudra attendre mars pour l'une, et la fin de l'année pour l'autre. Dur, dur...
L'industrie automobile française fout le camp. Tandis que les constructeurs allemands, eux, savent toujours produire en Allemagne, et préserver l'emploi local malgré la pseudo mondialisation, la part de production à domicile des constructeurs français ne cesse de baisser dans des proportions dramatiques. Et Carlos Ghosn en rajoute encore une couche en inaugurant une usine géante dans une zone franche au Maroc à grands renforts d'exemptions d'impôts et de taxes industrielles ! Renault est décidément une marque de moins en moins française, bien que l'Etat en détienne encore 15 % du capital. Et pour quoi faire d'ailleurs, puisqu'il ne voit aucune raison de mettre son veto, comme il en aurait le droit ? Au train où vont les choses, les chômeurs de l'ex industrie française auront de plus en plus de mal à acheter une voiture du groupe Renault, fût-elle produite à bas coût, en Roumanie, en Turquie, au Maroc ou ailleurs...
General Motors, redevenu n°1 mondial, cherche à se défaire d’Opel et négocie un partenariat avec PSA Peugeot-Citroën !
Si General Motors est parvenu à redresser ses comptes en Amérique bien plus vite qu’espérer, grâce entre autres à une restructuration drastique (dont Saab a fait les frais), les très bons résultats de Chevrolet et à la reprise qui se dessine nettement aux USA, tout n’est pas rose pour autant. Notamment en ce qui concerne sa filiale européenne historique, Opel. Le constructeur allemand est en effet en déficit chronique. Après avoir perdu 1,3 milliard de dollars en 2010, il a encore plombé les comptes de GM de 700 millions l’an dernier. Au total, c’est près de 11 milliards de dollars qu’Opel a fait perdre à GM depuis 1999. Un gouffre ! De son côté, PSA, trop isolé, a besoin d'air...
Mais rien n’a jusqu’ici transpiré du cas Opel, qui est pourtant inscrit en filigrane dans ce rapprochement. En effet la filiale européenne de GM est au plus mal, accumulant dangereusement les dettes depuis plusieurs années. Au point que les rumeurs les plus alarmantes ont couru sur une solution « à la Saab », c’est à dire lâcher Opel dans la nature, avec les risques de
casse sociale qui en découleraient.
Et même si on est encore dans le non-dit, cette « alliance stratégique mondiale » comprendra à l’évidence un rapprochement entre le constructeur français et le constructeur allemand, voire une mise sous tutelle de l’un sur l’autre. Avec à la clé de drastiques restructurations et des fermetures de sites. Et ça, contrairement à ce qu’affirme un peu légèrement le Ministre de l’industrie Eric Besson, adepte de la méthode Coué si il en est, ce n’est pas bon pour l’emploi. Pas bon du tout.
Qui ne connaît Ducati, ses motos de route (la sublime 848 Evo Superbike pour n’en citer qu’une), sa présence en compétition au plus haut niveau, avec Val Rossi en MotoGP ? Bref, Ducati, c’est la belle histoire d’une renaissance à l’italienne, après qu’on ait failli voir totalement disparaître la moto européenne, submergée par les Japonais. Ducati, qui bénéficie du soutien discret mais efficace d’une certaine marque au cheval cabré, est détenue depuis 2008 par un fonds d’investissement italo-américain (Performance Motorcycles SpA) qui souhaite s’en séparer aujourd’hui. Lequel est en discussions très avancées avec… Audi !
En effet, le « deus ex machina » du groupe Volkswagen, Ferdinand Piëch n’a jamais caché son attirance pour le deux roues, et plus particulièrement pour la marque italienne.
Et comme le groupe VW se porte comme un charme, avec l’argent qui rentre à flots dans les caisses, c’est le bon moment pour s’acheter une jolie friandise. On parle d’une transaction qui avoisinerait les 850 millions d’euros, pour une entreprise dont le chiffre d’affaires annuel représente 480 millions d’euros.
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