On connaissait les californiens Fisker et Tesla, les pionniers de la voiture sportive électrique. Il faudra désormais compter avec un nouvel artisan, français celui-là : Exagon. On nous dira : il y a aussi Venturi, qui travaille la question depuis quelques temps déjà. Mais cette marque, désormais monégasque, ne fait qu’épater la galerie bling-bling avec sa Volage, dont on se demande si elle sera commercialisée un jour, à l’exemple de feue la Fetish, disparue sans laisser de trace, et même si c’est dans ses intentions, qui restent plus que vaporeuses…

La démarche d’Exagon paraît d’emblée plus sérieuse, plus rationnelle. D’abord, il faut saluer la naissance d’une nouvelle marque française, ce qui n’était pas arrivé depuis… Venturi précisément. C’était en… pffff : 1984 ! Un bail… Exagon n’est pas un nom inconnu aux amateurs de sports de glisse hivernaux. Ce petit artisan construit depuis deux ans des buggys électriques qui évoluent dans le cadre du Trophée Andros. De là à concevoir une vraie GT routière, dotée d’un vrai coffre, il y avait un gros pas que son fondateur, Luc Marchetti, a allègrement franchi.

On veut la même ! Non mais c’est vrai, quoi… Sous le prétexte fallacieux d’un modèle unique commandé à Zagato par un collectionneur passionné, à l’occasion des 100 ans d’Alfa Romeo, les autres n’auraient juste que leurs yeux pour pleurer ? c’est vraiment pas juste ! Celle-là est allée faire sa belle au concours d’élégance de la villa d’Este, au bord du lac de Côme, juste pour faire envie, et saliver…

Cette TZ3, résolument sportive, comme son nom l’indique, n’est pas destinée, a priori, à l’homologation sur route. Presque comme ses grandes sœurs, les TZ (Tubolare Zagato) et TZ2 des années 60, dérivées des Giulia, dont elle se réclame. Mais cette dernière a pris de l’étoffe. Et arbore une constitution moderne. Sous la carrosserie aluminium ancrée sur un châssis tubulaire… mais en fibres de carbone (850 kilos seulement !), on retrouve un V8 4,2 litres repris de la 8C Competizione, lui même emprunté à la maison Ferrari...

Exagon Furtive e-GT

Et pourtant elle roule !

Alfa Romeo TZ3 Corsa

On veut la même !

Lamborghini, c’est le méchant de service. Avec la gueule de l’emploi. On ne porte pas des noms de taureaux de combat tout à fait par hasard… L’appellation Aventador, pour tout dire, fait référence à une charmante bestiole qui fut sacrée, en 1993, « taureau le plus brave » lors d’une corrida espagnole. La couleur est annoncée, comme quoi on ne trompe pas sur la marchandise, chez Lamborghini.

On ne se conforme pas, non plus, à l’air du temps. On n’arrondit pas les angles, à l’image de Ferrari qui lance une FF très propre sur elle, sorte de familiale supersonique

« politiquement correcte » dans son aspect physique. Superbe dans le genre GT, il faut le reconnaître. Loin, très loin, toutefois, de la brutalité exprimée sans fausse honte par l’Aventador. Laquelle assume pleinement son statut de « super-ultra-méga » sportive destinée au seul plaisir, que l’on suppose intense, de son heureux conducteur.

On n’en fait plus beaucoup des comme ça, du moins chez les constructeurs qui produisent en série.

Lamborghini Aventador LP 700-4

L'âge de carbone

Au commencement il y eut la Zonda, du nom d’une modeste bourgade d’Argentine, dont Horacio Pagani est originaire. La voiture qui le fit véritablement connaître après avoir fait ses premières armes chez Lamborghini et Dallara.

La grosse sensation automobile de l’année 1999.

Avec une « tronche » pareille, pure création artistique parrainée par Juan-Manuel Fangio lui-même, la Zonda incarnera d’entrée de jeu la supercar telle qu’elle n’existe qu’en rêve. Il y avait de la fulgurance, voire du génie, dans ce dessin, et le reste n’était pas mal non plus. Pagani fera dès le début un usage intensif de la fibre de carbone, et frappera à la bonne porte pour les moteurs, bien aidé, encore une fois, par la bienveillance de Fangio, ambassadeur de Mercedes. Chez AMG, le préparateur attitré de la marque allemande, lequel fournira plusieurs versions de plus en plus affûtées de son V12 au fil des évolutions de la Zonda.

Pagani Huayra

Attention, chef d'oeuvre

Eh oui, c’est en 1961 qu’au Salon de Genève la Jaguar E s’est pour la première fois dévoilée. Cinquante ans déjà… La formidable émotion de celle qui fut instantanément surnommée « la chaussure italienne » avait suscité alors (et pas seulement pour ses performances exceptionnelles : 240 km/h pour à peine plus de 40 000 Francs de l’époque) ne s’est jamais éteinte, du fait surtout de sa plastique terriblement sensuelle, due au talentueux aérodynamicien Malcom Sayer. Une beauté éternelle, inaltérable, qui défie le temps…

La preuve ? De talentueux artisans anglais continuent de perpétuer pieusement le mythe en restaurant ou en reconstruisant (presque) à l’identique la « E-Type » comme Lynx (le plus souvent dans ses exécutions type « Lightweight » de compétition) ou encore Eagle, qui perpétue religieusement le culte de la déesse depuis 1982. Eagle, qu’on ne saurait accuser de transgression, bien au contraire, s’est attaché à sublimer, épurer ce formidable dessin originel, en le débarrassant de ses scories affectées et datées...

Eagle E Type Speedster Forever young !

Bugatti Veyron : 300e, dernière !

La Veyron, c'est donc -presque- fini. Mais l'aventure continue... Le futur de Bugatti ? La berline Galibier, encore sous la forme d’un concept-car, qui devrait être lancée fin 2013/début 2014, et sans doute rebaptisée Royale. En toute simplicité.

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